Le camp français a su tirer son épingle du jeu

Quoi de neuf docteur ? Si ce - oh combien superbe - 54e Grand Prix n’a pas sacré un coureur tricolore, il n’en fut pas moins révélateur de l’état de santé général du cyclisme hexagonal. Et il va plutôt bien, merci pour lui. Alors bien sûr, face à l’extraterrestre Lance Armstrong, qui vient de marcher sur le Midi Libre, nos "petits" Français font tout juste figure de simples terriens. Au coup de pédale un peu trop "terre à terre" pour pouvoir rivaliser.
Mais à y regarder de plus près, on réalise vite que dans chaque étape en ligne sans exception, ce sont les Tricolores qui furent les principaux animateurs. Allant même jusqu’à en enlever trois sur quatre, rien que ça. Et avec la manière s’il vous plaît.
Petit flash-back. C’est d’abord Andy Flinckinger (FDJ), 23 ans, qui entreprit un raid solitaire de 70 kilomètre sur le chemin de Carcassonne. C’est aussi Olivier Asmaker (CSC), qui résista seul face à la meute durant 189 bornes (!) samedi, avant de retenter à nouveau l’expérience hier. Du côté de l’esprit offensif et du mental, rien à dire. Pour Fabrice Salanson (BJR), à Villefranche, et Laurent Paumier (SAI), hier à L’Esperou, les efforts ont porté leur fruits. Deux jolies surprise. Laurent Brochard au Mont Saint-Clair complète le tiercé des lauréats français sur ce Grand Prix Midi Libre.
« Je savais que si je restais dans la roue d’Armstrong, ça allait être très difficile au moment où il allait démarrer, confie Laurent Paumier. Je l’ai donc joué au culot. » Bilan : un premier bouquet chez les professionnels. Nicolas Fritsch (FDJ), 23 ans, ne s’est pas gêné non plus pour attaquer le roi Armstrong dans la dernière ascension, hier. Deux crimes de lèse-majesté, s’il en est. Et c’est tant mieux.
Car force est de le constater : Moreau (CA) mis à part, les grands princes de l’Hexagone ont été plutôt décevant. Laurent Jalabert (CSC) n’a même pas vu l’Ile Singulière, à court de condition physique.Richard Virenque (DFF) se contente d’une pâle 16e place au classement général. Le Varois n’a jamais été vraiment dans l’allure, cette semaine. Sandy Casar (FDJ), second du dernier Paris-Nice, a quant à lui "bâché" hier, à bout de souffle. D’aucuns y verraient déjà les prémices de la fin d’une époque...
Au rayon malchance, il faut enregistrer le cas Florent Brard (CA). Le Tourangeau a lourdemment chûté, sous la pluie, lors de la deuxième étape. Bilan, fracture de la clavicule. Il doit passer aujourd’hui même sur le billard, et ses chances de participation au Tour sont infimes.
Sur le Tour justement, le camp tricolore pourra certainement fonder une bonne partie de ses espoirs - pour une place d’honneur, comment pourrait-il en être autrement ? - sur Christophe Moreau. Troisième du général (à 54 secondes de l’Américain), et premier français, de ce Midi Libre, l’ancien coureur de la Festina est confiant. « Je n’ai que 24 jours de course au compteur cette saison, et j’ai déjà une bonne condition. Ma montée en pression se passe bien. »
Cette semaine, Moreau sera en reconnaissance dans les Alpes. Avant de s’aligner au départ du Dauphiné Libéré, du 9 au 16 juin prochain. Les tricolores devraient à nouveau s’y illustrer. Mais y retrouveront, malheureusement, un certain...Lance Armstrong sur leur route.

Mathieu LAGOUANÈRE



 

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