Le courage de Paumier résonne sur la trompette d'Amstrong

"La vie est courte, c'est mieux de gagner". Lance Amstrong résume laconiquement sa philosophie de coureur après sa victoire ce dimanche 26 mai 2002 dans le 54e Grand Prix Midi Libre.

L'Américain remporte son premier succès sur cette course, devant l'Espagnol Igor Gonzalez de Galdeano (Once), Jose Azevedo (Once) et Christophe Moreau (Crédit Agricole).
Le triple vainqueur du Tour de France peut rendre hommage à ses équipiers de l'US Postal qui ont verrouillé parfaitement cette cinquième et dernière étape. Toutes les volontés solitaires ont été impitoyablement pourchassées jusqu'au bas de la dernière difficulté du circuit, la montée sur L'Espérou.
Quelques coureurs qui ne représentaient aucun danger pour le favori sont alors autorisés à prendre un peu d'air. Mais quand les hommes menaçants au général de la Once essaient de profiter de l'entrebâillement de la porte, Lance Amstrong s'occupe lui-même du ménage. Il avait prévenu la veille qu'il courrait pour la victoire finale et non pour une étape. Il le prouve dans la montée. Collant à la roue de Igor de Galdeano, après être revenu grâce à une accélération foudroyante sur Azevedo, il attend patiemment la ligne d'arrivée. Igor de Galdeano n'a " pas pu le faire sauter car si le col était très long, il était largement trop roulant ". L'Espagnol reste tout de même " très satisfait de [sa] meilleure place de la saison ". Christophe Moreau termine quatrième de l'épreuve. Il connaissait bien l'ascension finale puisqu'il y avait perdu le maillot de leader au profit de Rous deux années auparavant. Il avoue lui aussi qu'il a " tenté de pousser Amstrong à la faute " mais qu'il n'avait " pas de marge de manœuvres ".
Et c'est un minuscule français (1m68 pour 57 kg) qui franchira la ligne en premier. Laurent Paumier (Saint-Quentin Oktos) a eu le courage de s'enfuir à plus de dix kilomètres de la ligne. "Je ne voulais pas attendre le dernier moment alors j'ai décidé d'y aller au culot, mais après, sans oreillette, je redoutais de voir revenir Amstrong à tout moment", commente le vainqueur de l'étape. A 29 ans, Laurent Paumier n'est passé professionnel que la saison dernière. Il s'accorde ainsi une revanche sur tous les directeurs sportifs à qui son petit gabarit n'inspirait pas vraiment confiance.
Victoire d'étape au panache pour l'un, victoire finale contrôlée pour Lance Amstrong. L'Américain, qui possède la surprenante caractéristique de ne plus savoir parler français dès que la caméra disparait, avoue que "cela fait du bien de gagner". Il ne se juge pourtant "pas prêt physiquement à 100% pour le Tour de France". Ainsi, au-delà du succès de dimanche, ne brillaient dans les yeux de l'Américain que la volonté d'une quatrième victoire sur la Grande Boucle. Preuve s'il en est de la place incontournable du Grand Prix Midi Libre dans la préparation de la plus célèbre des courses cyclistes.

De L'Espérou, Vincent Dusseau

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